Mercredi 22 novembre 2006

Par DIVAY Stéphane - Publié dans : Ma vie au cameroun
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Vendredi 3 novembre 2006
Me voilà de retour de cette petite expérience chez les Mbororos du massif du Manengouba dans l'ouest du Cameroun !
Une expérience inoubliable, riche de souvenirs où j'ai beaucoup appris sur cette culture.
Quelques mots pour décrire cette population : hospitalité, sourire, générosité, authenticité...
Je pensais leur apporté peu de choses mais pour eux, cela fut une manière de se sentir concernés. Le fait que quelqu'un s'intéresse à leur école, à leur culture a fait naître chez eux un nouveau rapport  envers l'institution scolaire.
Ils m'ont alors reçu les bras grands ouverts, très chaleureuseument dans ces montagnes où la fraîcheur est plus souvent de rigueur et m'ont donné énormément de choses au niveau humain, cela a dépassé tout ce que je pouvais penser...

Le contexte de l'école

Le vendredi matin, je retrouve le directeur de l'école qui est en poste là-haut depuis 2002. Tous les matins, il marche 1h30 dans les montagnes pour arriver à l'école et descend pendant 1h le soir. J'admire ce courage et cette motivation de tous les jours pour atteindre la petite école. D'autant qu'il a un statut un peu bâtard depuis sa sortie de l'école normale en 1998, : Alors qu'il devrait être fonctionnaire d'état avec tous les avantages qui vont avec, il n'a qu'un statut de vacataire car les dossiers traînent, traînent...Un des gros problème du Cameroun.
L'effectif de l'école est d'environ 50 élèves de la SIL (grande section) au cm2. Le directeur est aidé de deux enseignants bénévoles qui n'ont pas la formation pour enseigner et qui sont payés une misère par les parents (30 et 15 euros par mois...).
Cela pose problème au niveau de la qualité de l'enseignement...
L'école comme beaucoup d'autres au Cameroun est un peu délaissée de l'Etat camerounais.
Deux classes sont recouvertes et entourées de nattes, ce qui fait que lorqu'il pleut, il pleut aussi dans les classes et le sol devient boueux (vécu...)
Les élèves ne disposent même pas des fichiers au programme et juste d'un cahier et de leur ardoise.
L'effectif n'est  pas très stable, il peut arriver qu'à n'importe quel moment de l'année, l'enfant quitte la classe car il doit plutôt s'occuper des troupeaux de zébus ou de chèvres. De plus, tous les enfants ne sont pas scolarisés faute de moyens ou d'envie des parents...

La montée du matériel

Lundi matin, rendez-vous avait été donné à des élèves et quelques parents pour monter le matériel dans la montagne. L'accès se fait par le sentier bien sûr...
Après répartition dans les cartons, nous voilà prêt pour 1h30 d'ascension très éprouvante car très chaud. Les enfants m'impressionnent à porter les cartons sur leur tête en belle file indienne.
Heureusement ils sont humains et les quelques pauses pendant la montée seront appréciés de tous...





La malle n'est pas vide...


Le cadre nous fait oublier la chaleur et le poids des sacs et cartons...


Montée des tôles à cheval.

L'accueil à l'école

A l'arrivée tout le monde est là pour admirer l'ensemble du matériel, les sourires se voient sur les visages, certains enfants ont les yeux fixés sur les ballons...
Le chef (en jaune) est aussi présent.
Deux tableaux mobiles que nous avions fait faire au marché le vendredi avaient déjà été montés.




Enseigner dans une classe d'enfants Mbororos

Dès la fin de la petite séance photos, je prends contact avec la classe de SIL-CP dans laquelle je vais enseigner pendant 4 jours, voeu du directeur et de l'enseignant bénévole qui souhaite être formé.
La difficulé majeure est de se faire comprendre !!! Et oui, les enfants parlent chez eux le fou-foulbé...Alors pour eux il faut comprendre le Français et en plus mon accent !!
Pas facile alors de transmettre des consignes...De plus, certains ne sont jamais allés en ville, ils n'ont pas de livres donc une méconnaissance incroyable de beaucoup de choses, c'est difficile de se mettre à leur niveau !
La classe se déroule de 7h30 à 14h avec deux pauses de 30mn. Autant vous dire qu'avec le peu de matériel, le temps est long...
J'ai tout de même beaucoup travailler en graphisme (ils ne savaient pas écrire en cursif) sur les cahiers, tenter de faire du langage avec les livres que j'avais apportés, du sport (dur les consignes! car ils n'avaient jamais fait de petits jeux), du travail sur l'ardoise...
J'ai tout de même réussi à dégotter d'anciens fichiers qui avaient été donnés à l'école l'an passé mais qui n'étaient pas utilisés et laissés dans les cartons car le gouvernement camerounais à modifier les programmes en septembre. Mais les anciens fichiers vont parfaitement ! Mieux vaut avoir cela que rien du tout d'autant que le contenu est le même !
J'ai fait aussi quelques comptines, première fois aussi pour eux et de gros problèmes de mémorisation.

Ce fut donc une expérience intéressante et pas forcément facile quand on a des habitudes assez matérialistes finalement...

Tous les matins, lever de drapeau et chant de l'hymne camerounais.

Les familles Mbororos

Le mardi après-midi, accompagné de l'un des enseignants pour me faire la traduction, je fais le tour des familles. (les Mbororos parlent le foufoulbé ou le pidgin, un anglais transformé)
Ces 8 à 10 familles sont dispersées dans la montagne, ce qui nous a fait bien marcher.
Et toutes ces familles vont chacune me remercier d'une manière incroyable, ma venue a bien sûr fait tout le tour des familles. Il y a beaucoup d'enfants dans ces familles puisque qu'un Mbororos 4 femmes dans le meilleurs des cas. L'un deux a 29 enfants. Tous ne sont donc pas scolarisés mais certains parents nous promettent de faire des efforts pour en scolariser plus.

Dans toutes les maisons, j'ai été invité à m'asseoir et au fur et à mesure, le lieu se remplissait !
J'ai du aussi faire le photographe pour tout le monde. Comme j'avais ramené des photos prises lors de mes différents passages, le bruit a vite fait le tour...tous voulaient alors se faire photographier. Dans certains foyers, c'était l'affolement, il fallait sortir les plus beaux habits des valises et se parfumer !!!
Quelques-uns m'ont remercié en m'offrant quelques petites choses comme des napperons, des couvercles de calebasses, des calebassses... D'autres m'ont améné le couscous de maïs avec la sauce en accompagnement. C'est le plat traditionnel Mbororos, de la farine de maïs avec de l'eau. J'ai dû manger 3 ou 4 couscous différents en quelques heures...il fallait se montrer poli car ça colmate bien l'estomac ! J'ai aussi testé le lait de vache chaud, froid et caillé.










Le soir, les jeunes ont chanté et dansé pour moi sur les rythmes de tam-tams ! super souvenir !




Vue de ma case, le matin...no comment !

La traite des vaches à 6h. Le lait sert à faire la bouillie du matin, à vendre au marché, du lait caillé, yaourts et depuis peu du fromage ! Un des deux endroits où on peut trouver du fromage au Cameroun !


Le traditionnel couscous de maïs.


Petit lavage de main.


Le dernier jour, une surprise m'attendait !!! Les Mbororos m'ont offert un petit agneau, j'en revenais pas !!! J'ai trouvé ça excellent et j'ai été très touché !
Il a fallu que je le ramène à Edea, il a beaucoup souffert dans le coffre de ma voiture. J'ai dû le faire égorger dès mon retour car il n'aurait pas supporter le changement climatique...
Par DIVAY Stéphane - Publié dans : Ma vie au cameroun
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Jeudi 26 octobre 2006
Bonjour !
 
Vacances de la Toussaint !

Me voilà ce matin sur le départ pour la partie ouest du Cameroun et plus précisément le massif du Manengouba pour réaliser le petit projet !

La voiture est chargée de cartons, les amortisseurs de la petite toyota vont souffrir pendant les 5 heures de route, d’autant que les très hauts ralentisseurs sont nombreux sur ce parcours !

Pendant tout ce début de semaine, j’ai essayé de penser à tout ce qu’il me fallait et ça fait beaucoup !

J’ai d’abord récupéré des livres de bibliothèque abîmés (4-5 cartons) + de gros rouleaux de scotch transparent pour panser leurs plaies, ça devrait faire l’affaire.

Ensuite, j’ai obtenu par différentes donations des boîtes de crayons feutres et j’ai complété par des crayons de couleurs, ramettes de papiers et quelques cahiers et des ballons !

Et il faut aussi penser à mes affaires personnelles : vêtements chauds (car il fait frais la nuit !), réchaud à gaz, le minimum de vaisselle, des pâtes, du riz, des boîtes, des petits paquets de gâteaux, des pastilles pour décontaminer l’eau, la tente si besoin, le duvet, la frontale, les lampes à pétrole et surtout mon livre de chevet : Moi un Mbororo du Cameroun pour m’imprégner de cette culture et des manières de vivre de cette population.

Je compte en effet passer une semaine dans la montagne, il faut marcher environ deux heures et demi pour arriver au village. Quand je parle de village, je veux dire quelques hameaux de 4-5 maisons répartis dans le paysage.

Je dois voir le directeur de l’école demain matin dans la vallée.

Apparemment, l’argent récupéré cet été (400 euros, merci à tout le monde) devrait servir à construire une nouvelle classe et a en équiper une d’un nouveau tableau. On m’a conseillé de m’en occuper directement pour éviter que l’argent ne disparaisse pour d’autres choses…

 Je pense que l’on essaiera de faire descendre de grands enfants pour monter tout le matériel, attention le convoi exceptionnel !

Je pars ainsi avec plusieurs objectifs :

1-     Permettre à l’école de se développer.(livres, construction de classe)

2-     M’imprégner de la culture Mbororo en vivant près des gens.

3-     Tenter de faire des choses avec les enfants qu’ils n’ont pas l’habitude de faire.

4-     Faire de la rando !

 

En tout cas, je ne veux en rien m’imposer dans leur milieu, si je ne me sens pas à l’aise ou de trop, je partirai. Quant au rapport avec l’école, je suis là pour réparer les livres et en rien pour me substituer aux deux enseignants, s’ils ont besoin d’un coup de main, je suis prêt à faire des petites choses.

 

Je vous donnerai des nouvelles dès mon retour !

 
 
Par DIVAY Stéphane - Publié dans : Ma vie au cameroun
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Dimanche 22 octobre 2006
Quelques photos d’un petit week-end à Kribi.
Les couchers de soleil toujours aussi fabuleux.
Quelques pêcheurs…



 

Ballade en forêt avec notre guide Albert chez qui nous campions.
Il a grand besoin de la machette pour nous frayer un chemin.
Nous entendons quelques cris de calaos et quelques pièges préparés par les pygmées se trouvent parfois au bord de notre chemin. (pour chasser le porc-épic, le lièvre, le pangolin, le singe…)
Nous tombons aussi sur de belles termitières.


 


 



Il y a trois semaines environ, une baleine s’est échouée sur la plage près de notre campement !
En voici le crâne ! Cela a permis aux habitants du coin de se lancer dans un nouveau commerce : huile, chair, os…


Par DIVAY Stéphane - Publié dans : Ma vie au cameroun
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Mardi 10 octobre 2006
Petite expédition à Dizangué ce week-end et grande expérience avec nos cousins les chimpanzés !
 
Dizangué se trouve à environ 30 minutes d’Edéa en forêt tropicale. Après une nuit dans la sympathique auberge d’Albert, direction Marienberg (45mn). Sur place, nous rencontrons Lyn, une vétérinaire irlandaise travaillant pour une association visant à préserver les chimpanzés. (http://www.papaye-france.com/).
Marienberg est la première mission catholique créée au Cameroun en 1890.
Ensuite direction l’île de Pongo à 15 minutes de pirogue sur le fleuve de la Sanaga. Nous restons dans la pirogue, accostés à l’île alors que Lyn appelle les 9 chimpanzés à l’aide de bananes bien sûr ! Et tous viennent se montrer dans les branches au-dessus de nos têtes, certains tentent de monter dans la pirogue, un autre casse des branches pour nous les lancer !!
Et ce qui devait arriver arriva ! Un des chimpanzés (Bambou) tombe dans l’eau et parvient à monter dans la pirogue.
Le voilà qui traverse la pirogue en nous serrant chaleureusement tous dans ses bras les uns après les autres !!! INCROYABLE.
Ces chimpanzés sont souvent des singes récupérés car leurs mères ont été tuées par des braconniers, ils ont donc été réintroduits sur cette île, ils sont mi-sauvages. Ils vivent en pleine nature. Le problème de la préservation de cette espèce est inquiétant, vous pouvez aller lire quelques infos sur le site de l’association.
Enfin, nous allons au village en face de l’île où 5 bébés chimpanzés nous sautent dans les bras et veulent s’amuser avec nous, c’est excellent ! On s’attache beaucoup à ces chimpanzés au regard proche du notre !
 
 
 
 
 
Avec ces formidables moments, la pluie, l’humidité et la saleté ont été largement oubliées !!
 
 
Par DIVAY Stéphane - Publié dans : Ma vie au cameroun
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